Qu'est-ce que le Projet Alimentaire Territorial ?

Entre 2019 et 2021, la Communauté urbaine de Grand Poitiers et les Communautés de communes du Haut-Poitou et des Vallées du Clainont animé une démarche de mise en réseau des acteurs de l’agriculture et de l’alimentation. Cette démarche visait à favoriser la co-construction et la mise en œuvre partagée d’un Projet Alimentaire Territorial (PAT) pour la période 2022-2026.

4 grandes orientations stratégiques pour une transition agricole et alimentaire sur le territoire

Adopté en décembre 2021 par le Conseil Communautaire, le Projet Alimentaire Territorial (PAT) co-construit et partagé par l’ensemble des acteurs de l’agriculture et de l’alimentation des 83 communes du territoire a permis de structurer un programme d’actions autour de 4 grandes orientations :

Le PAT est une politique alimentaire au service de la santé et du bien-vivre de tous les habitants et toutes les habitantes du territoire. Il vise, en tout premier lieu, à faciliter l’accès de toutes et tous à une alimentation saine, durable et de qualité. Il entend également redonner aux citoyens et aux acteurs locaux la possibilité de contribuer activement à la construction et la mise en œuvre d’un système alimentaire plus durable.


3 objectifs sont prioritaires :

  • Donner à chacun le bon niveau d’information et les compétencesnécessaires pour lui permettre d’accéder à une alimentation durable ;
  • Lutter contre la précarité alimentaire, aux côtés des acteurs et structures de l’aide alimentaire ;
  • Donner aux citoyens et aux acteurs locaux les moyens de participer à la structuration d’un système alimentaire plus durable.

 

Le PAT se donne pour ambition deréduire l’impact écologiquedes pratiques alimentaires, du champ à l’assiette. Il marque la volonté de la Communauté urbaine de Grand Poitiers et des Communautés de communes du Haut-Poitou et des Vallées du Clain de s’engager en ce sens, et d’accompagner les acteurs locaux (producteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs) vers un système alimentaire plus durable, en faisant ledouble pari de l’agro-écologiesous toutes ses formes et d’une plus grandeautonomie alimentaire.

3 objectifs sont prioritaires :

  • Soutenir l’installation et la conversion des producteurs engagés en faveur de l’agro-écologie et valoriser et soutenir ces pratiques
  • Soutenir l’expérimentation et la diffusion des connaissances en matière d’agro-écologie et de diversification
  • Protéger le foncier agricole pour maintenir et développer des activités agricoles.

Le PAT constitue une réponse aux difficultés exprimées par les agriculteurs locaux en matière de conditions de travail, de rémunération, de valorisation de leurs activités, de leur image et de leur place au sein du système alimentaire. Il fait le pari d’une relocalisation de l’alimentation au bénéfice des consommateurs (accès à des produits sains, de qualité, de saison…), mais aussi des agriculteurs.

2 objectifs sont prioritaires :

  • Valoriser et promouvoir les produits locaux auprès des consommateurs
  • Utiliser la commande publique pour structurer des débouchés locaux pérennes et attractifs.

 

Le PAT vise à soutenir et accompagner les filières alimentaires locales vers de nouvelles formes d’organisations et de structurations, pour leur permettre d’anticiper et de faire face à l’augmentation de la demande locale. Pour répondre aux attentes des consommateurs, de la restauration collective ou encore des commerçants locaux, les producteurs doivent se doter des outils logistiques et des outils de transformation nécessaires, adaptés aux contraintes et aux spécificités de ces marchés.

Un Conseil Local de l’Alimentation se réunira une fois par an, pour assurer le suivi et l’évaluation du PAT.

4 objectifs sont prioritaires :

  • Développer des solutions logistiques de proximité pour faciliter l’acheminement des produits locaux vers les consommateurs, y compris restauration collective et publics précaires
  • Développer des outils de transformations locaux
  • Développer des solutions de distribution de produits locaux partout sur le territoire
  • Structurer une filière de valorisation des biodéchets.

 

Concrètement, entre 2022 et 2026 seront ainsi mis en œuvre les projets et actions suivantes :

  • Organisation d’actions de communication et de sensibilisation à destination des jeunes, sur l’ensemble du territoire du Projet alimentaire territorial ;
  • Mise en lien des réseaux d’aide alimentaire avec les acteurs de l’alimentation et facilitation de projets collectifs ;
  • Organisation d’un guichet unique Agriculture ;
  • Accompagner le repérage du foncier agricole disponible et l’installation paysanne ;
  • Proposer une aide financière (Paiements pour services environnementaux – PSE – ou autres) pour les producteurs qui entretiennent la ressource en eau ;
  • Financer la création de nouveaux espaces-test sur le territoire ;
  • Atelier de transformation collectif des Vallées ;
  • Projet de création d’une légumerie.

 

Du champ à l’assiette, tout un système alimentaire à améliorer

 

À l'échelle du territoire, le système alimentaire est constitué d’un réseau de collaboration entre les différents acteurs que sont les producteurs, les transformateurs, les distributeurs, les consommateurs, les collectivités territoriales ou encore les associations de citoyens…

À ce jour, le territoire de la Communauté urbaine de Grand Poitiers et des Communautés de communes du Haut-Poitou et des Vallées du Clain regroupe notamment :

  • 262 386 habitants ou “mangeurs“ 
  • 141 439 hectares de la Surface agricole utile (SAU)
  • 1258 exploitations agricoles dont : 
    • 82 exploitations en agriculture biologique en 2017, soit 6,5% des exploitations du périmètre
    • 135 exploitations commercialisent déjà en circuit court, soit 11% des exploitations du périmètre. Toutes les filières sont représentées :  
      • Les fruits et légumes : 54 exploitations
      • Les viandes : 31 exploitations
      • les boissons : 22 exploitations
      • Les produits laitiers et ovoproduits : 16 exploitations
      • L’epicerie : 12 exploitations

 

Le secteur de l’alimentation cristallise aujourd’hui des enjeux sociaux, environnementaux, économiques et de santé. Dans ce contexte, l'objectif des PAT, issus de la loi d'avenir pour l'agriculture, est de favoriser le développement local et durable de l’agriculture et de l’alimentation. Une amélioration globale de notre système alimentaire, qui passe par la mise en place d’actions dans les domaines suivants :

  • Conforter les filières alimentaires locales (production, transformation, distribution et logistique) ;
  • Accompagner l’installation d’agriculteurs et la transmission d’exploitations agricoles ;
  • Développer des espaces tests agricoles ;
  • Valoriser les filières courtes ;
  • Développer l’offre de produits alimentaires de qualité issus de l’agriculture de proximité en restauration collective publique ou privée.
  • Valoriser les savoir-faire et produits locaux ;
  • Développer l’agri-tourisme.
  • Promouvoir les recommandations nutritionnelles, dans le but de réduire les risques de maladies liées à l’alimentation (cancers, maladies cardiovasculaires, obésité, diabète de type 2…) ;
  • Lutter contre les perturbateurs endocriniens (zéro plastique…).
  • Accompagner les acteurs de l’aide alimentaire, des épiceries sociales et solidaires, des jardins et restaurants d’insertion ;
  • Développer l’agriculture urbaine ;
  • Proposer des formations aux acteurs du social, de l’éducation et de la santé ;
  • Développer des cuisines partagées.
  • Promouvoir l’alimentation durable ;
  • Accompagner la transition agroécologique, développer des Paiements pour Services Environnementaux (PSE) ;
  • Contractualiser, pour l’approvisionnement de la restauration collective, avec des producteurs qui préservent la ressource en eau, les sols, la biodiversité, la qualité de l’air ;
  • Réduire l’impact énergétique de la filière alimentaire, contribuer à la production d’énergies renouvelables ;
  • Développer l’agriculture biologique.
  • Assurer une veille foncière et protéger le foncier agricole ;
  • Travailler sur la localisation des commerces alimentaires ;
  • Développer l’agri-urbanisme.