Du
Théâtre
Nénène. de et mes Hannaë Grouard-Boullé
Poitiers - TAP – Scène nationale de Grand Poitiers
Duà
Accessibilité aux personnes en situation de handicap
Accès transports en commun à proximité
Elles, sont trois nounous, nourrices, nénènes. Elles ne se connaissaient pas, dix mille kilomètres les séparaient. Euphrasie est une femme malgache en 1790, Elise une femme morvandelle en 1880 et Antoinette une femme réunionnaise en 1960.
Nénène est un parcours fictif, un récit choral où coexistent simultanément trois parcours de femmes interprétées par trois comédiennes et un musicien. Chaque scène est un tissu entrelacé de chants issus des berceuses en langue créole, morvandelle, ou en français. Le spectacle se retrouve ainsi ancré dans les racines culturelles des protagonistes.
L’autrice et metteuse en scène se propose de faire revivre les nourrices, les nénènes du passé.
"Je souhaite aborder le thème de la nourrice dans l’Histoire et dans nos imaginaires en reliant deux cas spécifiques en France : les nourrices du Morvan (au XIXe siècle) et les nénènes (nourrices créoles réunionnaises). En croisant leurs histoires, il devient possible d’aborder des questions contemporaines, telles que le corps féminin, la maternité ou les rapports de pouvoir."
Leur histoire en quelques mots :
"L’industrie des nourrices" est une page inconnue et douloureuse de l’histoire du Morvan. Au XIXe siècle la nouvelle bourgeoisie d'affaire des grandes villes voulut des nourrices à domicile. Le Morvan devint le principal fournisseur. Les gains des nourrices ont été dans la province morvandelle un apport financier considérable, qui permit à leur famille d'acquérir des parcelles, de réparer l’habitation ou d’acheter les « maisons de lait ». Mais, ce singulier commerce eut des conséquences tragiques : des milliers de nouveau-nés (les enfants des nourrices), sevrés trop tôt, sont morts. La situation fut ainsi résumée par Michelet « Pour avoir quelques pieds de vigne, la femme de Bourgogne ôte son sein de la bouche de son enfant, met à la place un enfant étranger, sèvre le sien trop jeune : tu vivras, dit le père, ou tu mourras mon fils ; mais si tu vis, tu auras de la terre. »
La nénène était à la Réunion, la nourrice, parfois la gouvernante. Passerelle dans la transmission des histoires, des contes et chants réunionnais, elle participait ainsi à la création d’un fonds culturel commun. Ces femmes ont comme celles du Morvan, fait le choix difficile de vivre loin de leurs bébés restés dans les Hauts pour s’occuper d’enfants de familles des Bas, leur salaire était la principale rentrée d’argent de leur foyer.
